Le concert proposé par les Nuits musicales de Trivy a été éblouissant. Trois heures de jazz ont régalé une salle pleine.

 

 

En cette saison, les nuits sont fraîches à Trivy. Mais vendredi soir, aux premières notes du concert de jazz organisé par les Nuits musicales de Trivy, l’ambiance s’est miraculeusement réchauffée.

Et que dire lorsque Kristin Marion et Daniel Huck ont rejoint leurs camarades William Galison, Philippe Martel, Marion Ruault et Valentin Martel sur scène. Un véritable feu d’artifice de talents.

L’harmonica de William Galison

Après une mise en chauffe toute en douceur avec On the Sunny Side et Bluesette , standards du jazz, le rythme, et l’ambiance, se sont ensuite envolés avec Jazz and samba et l’excellent menu musical que cette troupe d’artistes, très complices à la ville comme sur la scène, a déroulé au cours de la soirée. Trois heures de concert extraordinaire dans lequel William Galison a apporté sa touche personnelle avec son harmonica.

Kristin Marion Sextet

             ( France-Etats Unis)

La journée, loin de s'achever se devait de se terminer en quelque sorte en feu d'artifice sonore avec un quintet d'enfer à forte coloration anglo-saxonne avec la présence de plusieurs instrumentistes de haut vol et pas des moindres : Philippe Martel (piano), Francis Fancéa (contrebasse), les américains Brad Goode (trompette, contrebasse et arrangements) et William Brian Hogg (saxophone alto et arrangements), l'irlandais Willy Walsh (batterie) et Kristin Marion (voix).
L'un est directeur des études de jazz à la Northern Kentucky University à Cincinnati (Brian), l'autre à la direction du Cuyahoga Community Collège, Directeur à the University of Colorado et à the University of Cincinnati Collège Conservatory of Music (Brad), chacun intervenant de plus dans divers ensembles de renom :The Cab Calloway Orchestra, Les Temptations, Phil Brown, Bootsy Collins, Jimmy Dorris, Fred Wesley ; etc(Brian) et Eddie Harris, Ira Sullivan, Franck Morgan, Curtis Fuller, Jack Dejohnette, Richie Cole, Rosemary Clooney et depuis plus de vingt ans, The Green Mill Jazz Club (pour Brad, The Lyrical Genius of Trumpet dixit le Chicago Tribune)). En un mot des pointures. Ainsi l' exposition du thème de début de concert, Beautiful Lovesur un arrangement de Brad Goode indique avec une rigoureuse précision la tonalité générale de cette session. Il en sera ainsi tout au long de ce concert chacun rivalisant dans ses prises de chorus avec un niveau technique rarement atteint tant dans la densité que dans le volume, des aliens musicaux sont présents sur scène, à nous couper le souffle et c'est là qu'est le paradoxe, car avec des soufflants de cet acabit, le regard que l'on devra porter désormais sur les trompettistes et autres saxophonistes sera fortement influencé par la performance de ces deux compères. La suite fut de la même veine voire intensifiée et amplifiée, All Blues scotche sur son siège l'auditeur par la densité dégagée, quel mot doit-on utiliser pour restituer les sensations et les ressentis et s'épargner de fait le risque d'un dithyrambe inapproprié et excessif ? Nature boy sur un arrangement de Brad, confirme s'il en était besoin, de ses qualités musicales et de ses performances d'instrumentiste, il en est de même pour Brian dans ses arrangements de When a man loves a woman et Eddy's blues.
Et les autres me direz-vous ? Ils sont là pour la déco ? Que nenni ! Chacun a à cœur de mettre son jeu au niveau requis et d'assumer sa présence par une performance individuelle remarquable, Philippe Martel(initiateur,avec Kristin Marion, de cette folle rencontre) est bien assis sur son nuage harmonique et assure, pour son grand bonheur et le notre, ses grilles avec la célérité qu'on lui connaît, Willy Walsh accompagne les démentiels tempi voulus par les deux soufflants leaders et mouille sa chemise, ses peaux sont tendues et frappées dans les rythmiques imposées, Francis Fancéa à la contrebasse, s'est vite glissé dans l'infernal rythme de circonstance impulsé par qui vous savez ! Et le public ? eh bien d'abord surpris, il intègre rapidement cette dimension nouvelle, alliage en do majeur bien trempé et se fond avec un plaisir évident en se laissant transporter dans cet univers musical insoupçonné.
A ce stade, cher lecteur, vous pourriez légitimement penser en avoir fini avec cette chronique quelque peu décalée et bien, je suis au regret de vous informer que le spectacle se poursuit : en effet, Brad Goode, petit par la taille, mais ô combien grand par le talent, substitua à sa trompette la contrebasse, (instrument dans lequel il excelle et qu'il enseigne), et ce diable d'homme s'improvisa simple accompagnateur au sein de ce quintet et apporta ainsi à Kristin Marion un soutien particulièrement remarqué. Celle-ci ne pouvant être tenue à l'écart d'une telle fête apporta avec brio sa voix et son indéniable talent de chanteuse de jazz ; l'ensemble, que dis-je ? la famille musicale étant rassemblée, on s'achemina vers le final qui restera marqué par la prestation remarquable et remarquée de ce quintet et qui permit aux amateurs de jazz de découvrir que le jazz d'outre-atlantique a toujours de bonnes surprises à nous faire découvrir.
Au passage, merci à Benoît Bertet pour cette journée musicale Osons la Musique et qui quoique pluvieuse n'en fut pas moins heureuse !

ALAIN BAILLY Jazz Rhone Alpes

Kristin Marion/ William Galison ( New York City)

J'ose penser que nous sommes nombreux parmi les aficionados déclarés du jazz à ne pas connaître W Galison. Une rapide recherche sur la toile permet de se rendre compte de cet "oubli" étonnant car il est bien évident que la musique de son harmonica nous la connaissons tous : les images et la bande sonore du film "Bagdad Café" sont à toujours dans nos mémoires et ses soli aux côtés de Sting, Barbara Streisand, Michael Dublé, Chaka Khan, Peggy Lee et plus récemment Madeleine Peyroux ; il est bel et bien celui qu'il faut avoir. "Toots" Thielemans déclare de lui en 2008 qu'il est l'harmoniciste le plus représentatif de la nouvelle génération des jazzmen et en fait son héritier virtuel, excusez du peu...
Deux écrins lui étaient réservés ce samedi soir au Hot. C'est avec le gang d'Olivier Truchot que nous l'entendons tout d'abord. Le répertoire sera choisi dans l'instant parmi les standards du Real Book, les arrangements à l'arrache souffriront d'une direction imprécise de l'Américain, cependant les compères sur scène ne sont pas des débutants et de bien belles choses vont se passer. Stella By Starlight, Desafinado, ces thèmes intemporels vont permettre de découvrir en direct un improvisateur d'envergure servi par une virtuosité évidente et une bien curieuse technique de jeu en accord, à l'octave, un peu comme Albert Mangelsdorff le faisait avec son trombone, nous aurions bien besoin de tout le savoir d'Elie Beraha pour nous renseigner un peu plus. Ce petit instrument qui tient dans la poche peut être personnel, avec un son propre. Les traits de virtuosité ne sont pas de l'esbroufe, ils sont là pour servir avec délicatesse et émotion. Emilie d'Henry Mancini, William est définitivement à l'aise avec son quartet lyonnais, pour s'assurer de la bonne tonalité, il chante les thèmes avant que l'orchestre démarre, puis des duos privilégiés avec Olivier et Thibaut François. Pour cette fin de set la chanteuse Kristin Marion monte sur scène, on le sait elle est une vraie "meneuse de revue" avec une voix chaleureuse, le vibrato qui va bien et tout l'héritage des grandes Dames du jazz vocal, de celui qui met la banane. Bye Bye Blackbird, walkin' bass en F en introduction, scat périlleux et contrechant de William. La température prend tout d'un coup 2°c, I Love You, For All We Know pour l'émotion, le sentiment.
Pour le deuxième set, les Grenoblois débarquent ; ce sont eux qui ont eu la riche idée d'organiser cette tournée régionale avec William, Philippe Martel s'installe au piano, Hélène Avice avec sa contrebasse, Romain Sarron, le héraut/héros lyonnais du soir dont la précision, le drive et l'à propos séduiront particulièrement l'hôte New Yorkais, retourne derrière ses futs et cymbales. Comme ils ont déjà joué ensemble, la cohésion est bien meilleure. C'est évidemment en hommage aux deux maîtres incontestés de l'harmonica que William Galison jouera le légendaire Bluesette de Jean "Toots" Thielemans et l'Overjoyed de Stevie Wonder, interprétations personnelles et révérencieuses. C'est l'occasion de découvrir Hélène Avice dansant autour de son instrument, elle est l'incarnation de la walkin' bass, avec justesse, musicalité, précision, une très jolie sonorité, elle nous donnera aussi quelques soli musicaux parfaitement construits ; à suivre d'urgence, j'ai comme l'impression que les pianistes vont se la disputer... Kristin remonte sur scène en "blues shooteuse", Everyday I Have The Blues, le hot devient un blues club ardent, William embouche le tout petit harmonica approprié et nous le connaîtrons aussi chanteur, scatteur complice de Kristin qui prend à nouveau la direction de l'orchestre pour emmener tout son monde vers de jolis moments de plaisir jazzeux.
Une belle soirée découverte d'un musicien original, inventif et attachant et cet échange Lyon - Grenoble qu'il convient de faire perdurer.

PHILIPPE SIMONCI 


                Un exceptionnel concert d'harmonica avec William Galison et le Kristin Marion à l'Espace Bertet
 


Ce Mercredi soir à l'espace Bertet, à l'initiative de Philippe Martel et Kristin Marion, nous avons eu la chance d'entendre un des meilleurs représentants actuels de cet instrument, devenu le symbole de toute une musique américaine viscéralement liée à l'épopée du far-west, mais surtout à celle du blues et du jazz. Pour autant les Maîtres ont été aussi des Européens comme celui de William Galison- grand gaillard sympathique de 54 ans ! - avec le belge Toots Thielemans qui écrivait des valses ou des musiques de danse.
C'est d'ailleurs une valse écrite par Thielemans : Bluesette, interprétée ici avec un rythme cubo africain(excellemment exécuté par le batteur Valentin Martel), qui a mis la salle "en feu" dès le deuxième morceau ! Jonglant avec les notes à l'harmonica aussi bien chromatique "qui permet tout de même plus de variétés d'expression" nous dit William, que l'harmonica diatonique (plus petit et convenant mieux au blues plus "rudimentaire"), dans des morceaux parfois aux harmonies difficiles (overjoyed de Steve wonder), ce leader né a enthousiasmé le public présent.
William Galison n'a pourtant pas commencé sa carrière avec l'harmonica mais avec la guitare (dont il ne jouera pas ce soir) et c'est bien l'univers du blues qui l'aura marqué, blues qu'il va interpréter de façon magistrale dans le troisième morceau, avec le minuscule harmonica diatonique, poussé par un Philippe Martel au piano boogie wooogant à mort comme il sait si bien le faire .
On aura d'ailleurs noté les mimiques de plaisir de William à écouter les solos du trio, notamment l'éternelCaravan fait pour mettre en valeur le batteur, pour notre plus grand plaisir .
Le deuxième monde musical évident de William est celui de Stevie Wonder (dont le batteur est actuellement celui de son propre orchestre...) : et ses mélodies sophistiquées, difficiles, changeantes dans lesquelles la virtuosité de notre hôte de ce soir, reste étonnante. Tout y est : le souffle qui n'en finit plus, les effets de lèvres rythmiques, les sonorités bluesy sorties d'on ne sait où ! Une cadence infernale avec un volume dans les accords à faire trembler les vitres ...
On aura aussi découvert ses talents d'accompagnateur et de chanteur scat, lors des "duos-impro" avec la chanteuse Kristin Marion (ils nous ont notamment gratifié d'un beau blues avec le morceau fétiche de Kristin, le célèbre Stormy Monday; blues de T.Bone Walker, et un All of me interprété avec beaucoup d'humour).
Il a fallu quand même que cela s'arrête avec un thème symbolique : We are just friend. Spectateur attentif, et venu faire le bœuf au piano , Antoine Laville, a proposé de continuer de faire la fête ce dimanche après midi avec une master class d'harmonica suivi d'un concert duo avec les deux Maîtres ! Le pied ...

 

 

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